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Côte d’Ivoire - Coupures d’électricité : paradoxe entre production excédentaire et fourniture inefficace. Par Laurent MIÉZAN. - Essential
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Énergie électrique.

Côte d’Ivoire - Coupures d’électricité : paradoxe entre production excédentaire et fourniture inefficace. Par Laurent MIÉZAN.

Source : -- (Agence GLOUZILET) Date : 27-03-2026 -- N°: 205 -- Lu : 85 fois --

La Côte d’Ivoire s’impose aujourd’hui comme l’un des pôles énergétiques majeurs en Afrique de l’Ouest. Avec une capacité de production estimée à environ 4 000 mégawatts (MW) pour une demande oscillant entre 2 200 et 2 500 MW, le pays dispose théoriquement d’un excédent d’électricité lui permettant non seulement de satisfaire sa consommation intérieure, mais également d’exporter vers plusieurs États voisins.

La prise d'eau du barrage de Kossou, sur le Bandama, en Côte d'Ivoire.

Côte d’Ivoire - Coupures d’électricité : paradoxe entre production excédentaire et fourniture inefficace. Par Laurent MIÉZAN.
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Selon le Gouvernement ivoirien, le taux d’électrification des localités est passé de 33,1% en 2011 à 95,67% en juin 2025. Parallèlement, la capacité de production installée a plus que doublé sur la période, progressant de 1 391 MW à environ 4 000 MW, une évolution largement portée par le développement de centrales thermiques et hydroélectriques. Dans le même temps, le réseau électrique national s’est considérablement densifié. Près de 7 700 km de lignes de transport et plus de 67 000 km de réseau de distribution ont été déployés à travers le pays.


Cependant, cette situation apparemment favorable contraste avec une réalité persistante : des coupures récurrentes d’électricité, particulièrement dans les grandes agglomérations comme Abidjan. Ce phénomène soulève une interrogation centrale : comment expliquer la persistance des coupures d’électricité en Côte d’Ivoire malgré une production globalement suffisante ? D’après les données de la Banque mondiale, le taux d’accès à l’électricité atteignait 72 % en 2023, mettant en évidence un écart persistant entre la desserte électrique des localités et le raccordement réel des ménages. Ce décalage demeure particulièrement marqué dans certaines zones rurales et périurbaines, où les contraintes financières et techniques freinent encore l’accès des populations au réseau.


L’analyse des coupures récurrentes d’électricité révèle que le problème ne réside pas principalement dans la production, mais dans les limites structurelles du système électrique, notamment au niveau du transport, de la distribution et de la gestion de la demande. Dès lors, il convient de montrer que ce paradoxe s’explique, d’une part, par une forte pression exercée sur le réseau en raison de la croissance rapide de la demande, et, d’autre part, par les insuffisances techniques et structurelles du système de distribution électrique.


Une production suffisante confrontée à une demande en forte expansion.


La Côte d’Ivoire dispose d’un système de production énergétique excédentaire et relativement performant, reposant sur un mix dominé par les centrales thermiques (environ 70 à 75 %) et complété par l’hydroélectricité (25 à 30 %). Cette configuration permet d’assurer une production stable et flexible. Le niveau de production excède généralement la demande nationale, ce qui explique la capacité du pays à exporter de l’électricité dans la sous-région.


Ainsi, le déficit de production ne constitue donc pas la cause principale des coupures d’électricité observées. Malgré sa production excédentaire, la demande d’électricité, connaît une progression rapide et soutenue de la consommation estimée entre 8 % et 10 % par an. Cette augmentation s’explique par plusieurs facteurs : une population dépassant aujourd’hui les 30 millions d’habitants ; un taux d’électrification atteignant 90 à 95 % ; une urbanisation accélérée et une industrialisation croissante. À cela s’ajoutent des pics de consommation liés aux conditions climatiques, notamment lors des périodes de forte chaleur où l’utilisation de la climatisation augmente fortement la demande.


Cette croissance rapide exerce par conséquent une pression constante sur le système électrique, mettant en évidence ses limites au niveau des infrastructures de transport et de distribution qui restent sous-dimensionné face aux besoins croissants des populations. Même si la production est suffisante, l’électricité doit être acheminée efficacement vers les zones de consommation. Or, le réseau présente plusieurs faiblesses : saturation des lignes électriques ; insuffisance des transformateurs ; déséquilibre entre zones de production et zones urbaines.


Dans des villes comme Abidjan, qui compte plus de 6 millions d’habitants, certaines installations fonctionnent à leur capacité maximale, ce qui entraîne des surcharges et des interruptions de service. Face à ces contraintes, les gestionnaires du réseau recourent au délestage, c’est-à-dire à des coupures temporaires et contrôlées.


Cette démarche vise naturellement à éviter la surchauffe des équipements, maintenir l’équilibre du réseau et prévenir des pannes généralisées. Selon les spécialistes de la question, « les coupures ne sont pas uniquement le signe d’un dysfonctionnement, mais aussi un outil de régulation destiné à protéger le système ». Il faut aussi dire que le réseau électrique ivoirien est caractérisé des pertes d’électricité estimées entre 15 et 20 % et un vieillissement des infrastructures ce qui entraine justement une efficacité limitée face à la demande croissante. Ces éléments réduisent la capacité réelle du système à fournir une électricité stable et continue

 

C’est vrai que la Côte d’Ivoire dispose d’une production excédentaire d’électricité, mais des facteurs externes peuvent l’affecter. Il s’agit notamment des variations climatiques influençant l’hydroélectricité, les opérations de maintenance des centrales et les fluctuations de l’approvisionnement en gaz. Ces facteurs peuvent ponctuellement réduire la capacité disponible et accentuer les tensions sur le réseau de distribution. En plus, la Côte d’Ivoire exporte l’électricité vers des pays voisins.

 

Cette situation peut paraître contradictoire avec les coupures internes constatées actuellement dans le pays. Cependant, le fait que la Côte d’Ivoire continue de vendre son électricité s’explique par : des engagements contractuels entre pays voisins, une gestion différenciée des flux d’électricité et des contraintes locales de distribution. Ainsi, un excédent global de production coexiste avec des insuffisances localisées dans le transport de l’électricité.

 

Un programme des autorités ivoiriennes pour renouveler les équipements de distribution.

 

Conscientes de tous les défis à relever, le Gouvernement ivoiriennes a annoncé la mise en œuvre d'un plan de modernisation des infrastructures électriques. Ce programme vise notamment le renouvellement des équipements de distribution, afin de renforcer la fiabilité du réseau et de mieux répondre à la demande croissante des populations. Toutefois, ces travaux nécessitent des investissements importants. Dans ce sens, plusieurs solutions sont envisagées : le renforcement du réseau électrique, la modernisation des infrastructures, le développement des énergies renouvelables et amélioration de la gestion de la demande.


En définitive, l’analyse des coupures d’électricité en Côte d’Ivoire met en évidence un paradoxe apparent : celui d’un pays capable de produire suffisamment d’énergie, mais confronté à des difficultés de distribution. Ce phénomène s’explique principalement par un décalage entre une production en avance et un réseau électrique encore insuffisamment adapté à l’évolution rapide de la demande.


Ainsi, le véritable enjeu pour la Côte d’Ivoire ne réside plus uniquement dans l’augmentation de sa capacité de production, mais dans la modernisation et l’optimisation de son réseau électrique. En définitive, l’électricité ne se limite pas à sa production : elle dépend avant tout de la capacité du système à la transporter, la distribuer et la rendre accessible de manière fiable à l’ensemble de la population. Ce défi constitue une étape déterminante pour accompagner durablement la croissance économique et améliorer les conditions de vie des populations.


Laurent MIÉZAN.


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Auteur : Laurent MIÉZAN.
Source : CICG & CI Énergie
Mise en page et illustration :
Laurent MIÉZAN.
(glouziletnews.com).
Agence Gouzilet
Paris le 28 Mars 2026


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